vendredi 21 avril 2017

Lancement officiel du site CRBPO Data: l'interface d'exploration des données de baguage


L'équipe du CRBPO est heureuse de vous annoncer le lancement officiel du site de consultation publique de données CRBPO-Data 

Un site inédit pour explorer les migrations d’oiseaux



Depuis près d’un siècle (1923), le Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO) archive au sein du Muséum national d’Histoire naturelle toutes les données de baguage d’oiseaux concernant la France. Près de 5 millions de ces informations ont été numérisées et viennent d’être mises en ligne.
Afin de mettre ces informations à disposition du plus grand nombre, le CRBPO a développé avec le service informatique du Muséum un site internet qui permet un accès libre et gratuit aux données de suivi d’oiseaux par baguage. Le site permet ainsi de connaître l’état et le comportement des populations d'oiseaux : les masses et les tailles des individus bagués sont référencées mais aussi leurs migrations tant en France qu’à l’étranger, grâce à des cartes ou des tableaux. Ces informations permettent la réalisation de statistiques par espèces, par zone géographique et/ou par programme de recherches.


Cette carte de mouvements d’oiseaux est basée sur le baguage de 49375 chardonnerets, 9895 ré-observations ultérieures, collectées par 515 personnes. ©CRBPO data

Les informations sont actualisées tous les mois, ce qui implique un apport considérable de 500 000 nouvelles données par an. Ce site est exploitable à différentes échelles : communales, régionales, nationales et internationales et accessible à tous : chercheurs, citoyens, naturalistes avertis, experts environnementaux, curieux de nature… Il sera donc un outil d’information incontournable pour les organismes publics, les entreprises privées et les organisations non-gouvernementales en charge de la conservation et la gestion des populations d’oiseaux.
Le site est consultable à partir du lien suivant : https://crbpodata.mnhn.fr/

Et n'oubliez de consulter la section "Foire aux questions" en page d'acceuil du site pour une meilleure compréhension.


N’hésitez pas à diffuser largement dans vos réseaux !

Ce site ne pourrait exister sans le travail de milliers de bagueurs français (bénévoles comme professionnels), sans l'implication des ornithologues et sans la participation des particuliers qui communiquent plusieurs milliers d'observations ou de reprises d'oiseaux bagués chaque année.
Un immense merci à eux !


mardi 28 mars 2017

Projet DEMOSPACE: le bilan!

Le projet DEMOSPACE (Réponses DEMographiques des Oiseaux aux changements globaux dans l’eSPACE: des tendances nationales à la gestion locale; 2013-2016) a eu pour objectif de comprendre les différences de réponses des populations d'oiseaux aux fluctuations climatiques entre les échelles nationale, régionale et locale (le site). La région Nord-Pas de Calais, particulièrement fournie en stations STOC Capture, a servi de laboratoire à cette approche. Une premier objectif du projet a été de comparer les tendances d'abondance des oiseaux nicheurs pour la région Nord-Pas de Calais avec les tendances pour le reste de la France. Ces résultats paraitront prochainement dans un livre (Luczak 2017). Le deuxième objectif a été de caractériser l'influence du climat sur la survie annuelle des adultes des 23 espèces de passereaux les plus capturés en France à l'aide du protocole STOC Capture (correspondant à 244000 individus bagués, sur 261 sites, en 25 ans). Cet objectif a constitué le cœur de la thèse de doctorat de Manon Ghislain. Le résultat le plus marquant est que les variations de survie entre années sont extrêmement similaires entre espèces (cf. figure), révélant un rôle majeur des forçages climatiques dans la mortalité des passereaux communs, et ce, que les espèces habitent des milieux humides ou terrestres, et qu’elles passent l’hiver en France ou en Afrique. Enfin, le 3ème objectif a été de produire des indicateurs simples à comprendre, faciles à obtenir et à utiliser, non-falsifiables, qui informent les acteurs locaux en charge de la gestion de sites sur les particularités de fonctionnement des populations locales d’oiseaux (taille de population, survie, reproduction, croissance) en lien avec leurs mesures locales de préservation ou de restauration d’habitat. La production de ces indicateurs a été réalisée par Romain Lorrillière.  Ils sont présentés en détail sur la page du STOC Capture.
Le projet DEMOSPACE a été financé par l'appel à projets de recherche 'Biodiversité' de la Région Nord-Pas de Calais, accompagné par la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité. Il a été porté par Pierre-Yves Henry, en collaboration avec de nombreux partenaires régionaux (le Laboratoire d’Océanographie et de Géosciences, la délégation régionale CRBPO du Nord-Pas de Calais / CAP-ORNISBaguage, le Centre Permanent d’Initiatives pourl’Environnement ‘Chaîne des Terrils’, le Département du Nord,  Espaces DEpartementaux Naturels du Pas-de-Calais, les Parcs Naturel Régionaux des Caps et Marais d’Opale et de Scarpe-Escaut), et avec le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive.
Ce projet se poursuit dans le cadre du projet d'ANR DEMOCOM.

Références:
Luczak C. (2017). Évolution des populations d'oiseaux communs nicheurs dans le Nord -Pas-de-Calais (1995-2014). Collection Faune sauvage du Nord - Pas-de-Calais, GON éditeur, Lille, 192p.
Capture et baguage d’oiseaux par une équipe partenaire du projet DEMOSPACE pour documenter l’impact des fluctuations climatiques, et des actions de gestion de l’habitat, sur le fonctionnement des populations d’oiseaux.

mercredi 8 mars 2017

Intérêts des espaces intertidaux pour la Gorgebleue à miroir de Nantes (Cyanecula svecica namnetum) en période de mue post-nuptiale


Chez les oiseaux, le renouvellement du plumage (mue) est un phénomène pouvant entraîner une dépense métabolique conséquente. L’étude du déroulement de ce phénomène (périodes, durées, habitats et ressources trophiques exploités par les individus) peut être un élément clef pour la conservation de certaines espèces en mauvais état de conservation ou méritant une vigilance accrue. Un travail sur la Gorgebleue à miroir de Nantes (Cyanecula svecica namnetum, sous-espèce endémique des espaces du littoral Manche-Atlantique) vient de révéler les avantages particuliers dont peuvent bénéficier les individus en effectuant leur mue post-nuptiale sur les zones humides soumises au balancement des marées. Dans le cadre de ce programme, le suivi par radio-pistage de 16 individus sur deux ans a permis de montrer qu’en se maintenant sur les estrans pendant leur mue, les oiseaux peuvent limiter leurs déplacements et exploiter de petites surfaces : 0,42 à 1,34 hectares, typiques d’espaces où les ressources trophiques sont abondantes et prédictibles. L’analyse des restes chitineux, contenus dans les fientes des oiseaux prélevées lors des captures, a révélé que les individus en mue tendent à consommer un grand nombre d’amphipodes : petits crustacés marins, en particulier utilisés en pisciculture pour favoriser la croissance rapide de certaines espèces de poissons. Enfin, le suivi de la masse des individus du début à la fin de la période de renouvellement du plumage a montré qu’en muant sur les zones humides intertidales, les oiseaux parviennent à conserver en fin de période de mue une masse équivalente à celle mesurée avant le début du phénomène, comme chez des individus de la sous-espèce svecica dont la mue à été étudiée en captivité, avec des ressources alimentaires illimitées. Cette étude conforte différents travaux relatifs à l’importance des estrans pour la communauté des passereaux paludicoles, en particulier soulignée pour des espèces telles que le Phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola) qui exploite en grand nombre les espaces littoraux au cours de sa migration post-nuptiale. Ces différents travaux mettent en lumière la vigilance qu’il convient d’adopter pour la conservation des fonctionnalités écologiques des zones humides intertidales, en particulier dans le contexte d’élévation du niveau marin et des perturbations des régimes hydro-sédimentaires actuellement constatées sur de nombreux espaces littoraux.

Illustration : Gorgebleue à miroir de Nantes (Cyanecula svecica namnetum). Mâle adulte en plumage nuptiale (gauche) et aile d’un individu en mue active des rémiges lors de la période post-nuptiale (droite).
© BioSphère Environnement.


Pour en savoir plus :



Lien de consultation et de téléchargement de l’article :
http://espacesite.pagesperso-orange.fr/raphael-musseau/musseau_et_al_ardeola_2017.pdf

mardi 24 janvier 2017

Les moineaux grandissent moins bien en ville qu'à la campagne

Moineau domestique mâle (photo: Benjamin Vollot)
Dans plusieurs grandes villes européennes, les moineaux disparaissent. Mais quelles sont les causes de ces déclins urbains ? En septembre, nous vous annoncions qu'un projet de recherche de trois ans va démarrer sur cette question. Mais une première réponse se dessine déjà... En 2014, 25 bagueurs ont mesuré 599 moineaux domestiques dans 30 populations implantées dans des sites plus ou moins urbanisés (allant de fermes isolées au Jardin des Plantes au centre de Paris). Et le résultat est facile à comprendre: les moineaux sont plus petits en ville qu'à la campagne, et les plumes de jeunes urbains sont de moins bonne qualité que celles des jeunes ruraux. Les moineaux de ville sont donc handicapés pendant leur croissance. Cela apporte du crédit à l'hypothèse selon laquelle le milieu urbain est caractérisé par un déficit d'insectes, source primordiale de protéines pour le développement des jeunes passereaux. Décidément, cette nouvelle étude renforce le constat que les moineaux ont vraiment du mal à s'alimenter correctement en ville (voir aussi l'article précédent sur le sujet) !
Ces résultats viennent d'être publiés dans le cadre d'une collaboration entre le Centre d'Etudes Biologiques de Chizé (CEBC), et le CRBPO grâce aux bagueurs s'impliquant dans le veille sur les populations de Moineau domestique (SPOL Moineau).

Pour en savoir plus:
Relation entre la densité des plumes (rectrices) de moineaux domestiques et le degré d'urbanisation (rural à gauche, très urbanisé à droite) de l'endroit où ils vivent (reproduit de Meillère et al. 2017).

lundi 9 janvier 2017

Echanges asymétriques entre populations françaises de cigognes blanches

L'analyse des déplacements de cigognes blanches entre les régions de reproduction françaises montre que les populations nordiques fournissent plus d'individus aux populations du sud qu'elles n'en reçoivent (Figure). Les cigognes quittant l'Alsace s'établissent principalement dans la population du centre de la France, alors que les cigognes émigrantes normandes s'installent surtout sur la façade atlantique. Cette asymétrie des échanges d'individus entre populations semble s'être renforcé à partir de la moitié des années 2000. Pour la population alsacienne, ce n'est pas étonnant, la plus grande population nationale générant naturellement un nombre important de candidats à la dispersion. Par contre, pour la Normandie, c'est plus étonnant, les émigrants quittant une petite population pour aller s'établir dans une plus grande population.
Ces connaissances sur le fonctionnement de la métapopulation française de cigognes blanches sont issues du baguage de 10479 cigogneaux, entre 1988 et 2008 (21 ans), par les réseaux de bagueurs et d'ornithologues suivant les populations françaises de cigognes. Ces oiseaux bagués ont généré 1720 données de déplacements (à plus de 5 km), dont 239 entre populations. Sur la période d'étude, le suivi par baguage a été coordonné par le CRBPO. Il se poursuit depuis dans le cadre d'un programme personnel d'envergure nationale, coordonné par Gérard Wey (2009-2015) puis par Hubert Dugué, dans le cadre du Groupe Cigognes France.
Cette première analyse nationale des mouvements de cigognes blanches a été possible grâce à la collaboration entre le Groupe Cigognes France, le CRBPO, le Département Ecologie, Physiologie, Ethologie de l'Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (Strasbourg), et le Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive, dans le cadre des recherches doctorales de Emilio R. Rojas (financé par un contrat doctoral de l'Université de Strabourg).

Référence:

Rojas, E.R., Sueur, C., Henry, P.-Y., Doligez, B., Wey, G., Dehorter, O., Massemin, S. et Groupe Cigognes France (2016). Network analysis shows asymmetrical flows within a bird metapopulation. PLoS One, 11, e0166701

Figure. Changements entre 1988 et 2005 des échanges d'individus au sein de la métapopulation française de Cigognes blanches. Chaque nœud représente une population géographique de reproduction, et l'épaisseur des traits entre nœuds est proportionnelle au nombre d'individus ayant effectué le déplacement correspondant. Les flèches indiquent le sens des déplacements. Reproduit de Rojas et al. (2016).

mardi 20 décembre 2016

MOVEBANK: l'interface pour l'archivage (inter)national des données de télélocalisation

Divers dispositifs électroniques permettent de marquer les oiseaux de façon à identifier à distance leur localisation précise (la télélocalisation). Ce sont les radio-émetteurs VHF, GLS, GPS ou encore balises satellitaires. Tous les programmes de recherche ayant reçu l'autorisation de déployer ces dispositifs sur des oiseaux par le CRBPO ont l'obligation d'archiver ces données à l'échelle nationale, auprès du CRBPO. Toutefois, il existe une plateforme internationale, coordonnée par l'Institut Max Planck d'Ornithologie, qui a été développée pour fournir ce service d'archivage en ligne: MOVEBANK.
En 2016, le CRBPO et l'Institut Max Planck d'Ornithologie ont passé un accord, définissant que MOVEBANK devient le portail internet dédié en France pour la transmission des données de télélocalisation collectées dans le cadre de programmes personnels autorisés par le CRBPO.
Les intérêts pour les usagers de transmettre leurs données via MOVEBANK sont principalement:
(i) d’archiver leurs données de manière sécurisée, et accessibles en permanence, au travers d’une interface spécifiquement dédiée aux données de télélocalisation; seul l'usager décide de qui peut consulter ses données au travers de la gestion des droits d'accès;
(ii) de bénéficier des outils de visualisation et d’analyse de données développés par MOVEBANK, ainsi que d'un service de référencement de données pour les publications, 
(iii) de satisfaire à l'obligation règlementaire d’archivage national des données auprès du CRBPO; plusieurs fournisseurs de marques électroniques proposent déjà que les données soient automatiquement transmises à l'usager au travers de MOVEBANK. 
(iv) d'intégrer, renforcer et bénéficier de la principale communauté internationale qui travaille avec des données de télélocalisation pour répondre à des enjeux scientifiques et/ou de conservation des animaux et de la nature.

mercredi 7 décembre 2016

Polymorphisme des populations du Grimpereau des bois

2017 marquera la fin du programme national sur le polymorphisme des populations nicheuses du Grimpereau des bois en France, coordonné par Jérôme Fournier. 28 bagueurs répartis sur tout le territoire national ont participé depuis 2011 à ce projet. Les oiseaux ont fait l'objet de plusieurs mesures, aile, tarse, bec, ongle, queue, masse et de photographies de certains points clés de leur plumage. Des plumes ont été prélevées pour une étude génétique complémentaire menée par des collègues du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Cliché : J. Fournier (Auvergne)

Près de 300 individus ont été capturés lors de ce programme dans le Nord-Est, l'Ouest, le Jura, le Massif Central, les Alpes, les Pyrénées et la Corse. Des captures complémentaires seront réalisées l'année prochaine dans les forêts du Massif du Jura et dans les forêts de l'Orne et de l'Ille-et-Vilaine pour finaliser le programme.

Indice biométrique construit à partir du premier axe d'une analyse en composante principale basée sur la longueur de l'aile pliée, la longueur du bec, celle de l'ongle et la masse. AL : Alpes, CO : Corse, JU : Jura, MC : Massif Central, NE : Nord-Est, OU : Ouest, PY : Pyrénées

Même si les analyses génétiques et de plumage ne sont pas terminées, il est d'ores-et-déjà possible de faire une première analyse sur le polymorphisme des populations nicheuses du Grimpereau des bois à partir des mesures biométriques. Les oiseaux de Corse sont plus grands que les autres et les oiseaux de l'Ouest plus petits que les autres populations françaises. Les populations restantes (Nord-Est, Jura, Massif-Central et Pyrénées) sont intermédiaires et ne présentent pas de différences entre-elles. La population des Alpes est un peu à part puisqu'elle diffère de celles du Massif Central et du Nord-Est mais pas du Jura, ni des Pyrénées.

lundi 21 novembre 2016

Nouveaux cours pour la qualification


Lors des semaines de qualification des bagueurs (Fort-Vert, Moëze, Vigueirat), plusieurs cours ont été proposés par les examinateurs du CRBPO. Tous les anciens cours ont été entièrement revus, augmentés et illustrés à l'exception des cours additionnels disponibles sur le site du CRBPO "Script Bordereau", "Formule alaire" et "Noeuds" qui seront réactualisés l'année prochaine.

Plusieurs nouveaux cours, largement illustrés de schémas et de photographies, ont été proposés cette année aux qualifiants. Ils seront mis à jour annuellement et ne seront pas disponibles au téléchargement, sauf exception, pour cette raison.


Cours "Examen pratique et théorique de la qualification mention Bagueur généraliste". Il présente les objectifs de la semaine, son organisation et les modalités des évaluations. 16 diapositives.



Nouveau ! Cours "Le CRBPO". Il présente le MNHN, le CRBPO, l'histoire du baguage, le réseau des bagueurs, le PNRO, l'éthique dans le baguage. 23 diapositives.


Cours "Le matériel du bagueur".  Il présente tout le matériel nécessaire pour préparer un site de capture, pour la capture en elle-même, pour la table de baguage, pour baguer et/ou instrumenter un oiseau, pour observer et prélever. 24 diapositives.
Cours "Les techniques de captures". Il présente de manière assez exhaustive toutes les méthodes possibles permettant la capture des oiseaux. 54 diapositives.





Cours "Les bagues et les marques". Il présente toutes les possibilités offertes aux bagueurs pour baguer et marquer un oiseau, y compris les marques électroniques. Les limites éthiques sont également discutées en fin de document. 14 diapositives.



 


Nouveau ! Cours "La biométrie". Il présente les différentes méthodes et techniques utilisées pour mesurer un oiseau de manière précise et répétable. 19 diapositives.







Cours "Les principales stratégies de mue chez les passereaux". Il présente de manière concise les stratégies de mue, la phénologie de la mue et la manière de noter l'âge sur un bordereau. 19 diapositives.




Nouveau ! Cours "Introduction à la zoologie des oiseaux". Il donne des éléments de base sur l'évolution des oiseaux, sur la classification phylogénétique, sur la morphologie, les plumes, le bec, la biologie générale, le squelette, les systèmes respiratoire et circulatoire. 37 diapositives.








mercredi 16 novembre 2016

Captures d'Océanites de Wilson en Terre Adélie

Associés avec une équipe du CNRS de Strasbourg et du Centre Scientifique de Monaco et en collaboration avec le CNRS de Chizé et la Justus-Liebig-Universität de Giessen,  Jérôme Fournier et Frédéric Jiguet initient un projet de recherche sur les déplacements de l'Océanite de Wilson en période de reproduction et d'hivernage à partir d'individus qui seront capturés sur la base Dumont-d'Urville en Terre Adélie.

Cliché : Fabien Petit

L'objectif de cette première campagne de terrain est de tester la capturabilité de cette espèce au sein des petites colonies situées sur l'île des Pétrels. 30 oiseaux reproducteurs seront bagués puis recapturés après 15 jours et 1 mois. Si le taux de recapture est satisfaisant, les oiseaux seront équipés dès l'année prochaine de GPS ou de GLS ce qui permettra de suivre et de comprendre leur déplacement à différentes échelles d'espace et de temps. Jérôme Fournier effectuera un séjour de près de 3 mois (début décembre-fin février) sur la base Dumont-d'Urville gérée par l'Institut Polaire Français.

Site de reproduction de l'Océanite de Wilson sur l'île des Pétrels
Cliché : Jérôme Fournier

Cette espèce est présente sur l'île des Pétrels de novembre à février. Les premières arrivées sont notées début novembre. Le pic d'abondance est atteint début décembre. Le premier accouplement est généralement observé mi-décembre et la première ponte observée fin décembre. La première ponte a lieu généralement fin décembre et la première éclosion fin janvier. Les derniers individus quittent le site tout début mars.

mercredi 2 novembre 2016

Connectivité migratoire à large échelle chez la Rousserolle effarvatte

Photo : R.Provost 13/08/2013 la Possonnière (49)
Un article collaboratif venant de paraître qui utilise les données de baguage et de contrôles/reprises de Rousserolle effarvatte  (Acrocephalus scirpaceus) reproductrices accumulées par les centrales de baguages membre d'EURING (France comprise) pour la période 1933-2014. Sont inclus dans cette analyse des données de géolocalisateurs (GLS) posés sur des nicheurs allemands et tchèques. Le modèle statistique tient également  compte de la taille de la population d'effarvatte de chaque pays ainsi que des densités de population humaine. L'étude met en évidence une forte utilisation de la voie de migration occidentale par les populations d'Europe de l'Ouest mais un nombre absolu plus important de rousserolles empruntant la voie orientale ainsi qu'une migration en boucle (zones de haltes différentes entre la migration post et pré nuptiale) chez de nombreuses populations.

Procházka, P., Hahn, S., Rolland, S., van der Jeugd, H., Csörgő, T., Jiguet, F., Mokwa, T., Liechti, F., Vangeluwe, D. & Korner-Nievergelt, F.: Delineating large-scale migratory connectivity of reed warblers using integrated multistate models. Diversity and Distributions, doi:10.1111/ddi.12502.

Article original en PDF disponible ici :