mardi 14 novembre 2017

Attraction d’autres espèces par le chant de la Gorge-bleue à miroir durant la migration postnuptiale: un test expérimental


Gorgebleue à miroir

Il est bien connu que l'utilisation d’un leurre acoustique pour une espèce peut biaiser la population capturée de cette espèce (selon le sexe, l'âge ou l'état corporel) pendant les sessions de baguage au filets. Cependant, la possibilité que cet effet affecte les captures hétérospécifiques a été moins explorée et manque de preuves expérimentales solides. De la Hera et al. (2017) ont testé par une approche expérimentale si l'utilisation d'un leurre acoustique de la Gorge-bleue à miroir Luscinia svecica modifiait le nombre total doiseaux 'hétérospécifiques capturés durant la migration d'automne dans une zone humide située dans le sud-ouest de la France. Nous avons constaté une augmentation du taux de capture des espèces non ciblées. Cela montre que l'utilisation de leurre acoustique peut être une source d'erreur méthodologique pour la communauté des oiseaux tout au long des campagnes de baguage.

Pour en savoir plus:


Les roselières inondées accueillent-elles plus de passereaux migrateurs que les roselières asséchées ?


Les roselières des zones humides de la côte atlantique accueillent chaque année des millions
Roselière inondée
d'oiseaux en halte migratoire. La plupart sont humides toute l'année et influencées par les marées, mais certaines, moins bien connues, sont asséchées en été. Quelles sont les différences d'accueil des espèces, en particuliers migratrices et insectivores, leurs différences d'abondance, de diversités, de durée de séjour et de structure dans l'habitat roselière ?
Fontanilles et al. (2017) ont comparé deux sites en phragmitaie similaire dans la zone estuarienne de l'Adour, selon un protocole identique de capture-baguage au filet en août et septembre pour deux années différentes. Les relevés habitat ont porté principalement sur les paramètres des roseaux:
Roselière asséchée
hauteur, diamètre, densité, stratification. Les résultats montrent que la roselière humide est plus diversifiée et accueille un plus grand nombre d'individus pour les espèces paludicoles et les migrateurs transsahariens. Les roseaux y sont plus hauts, plus épais, moins denses et présentent une strate herbacée plus faible. La roselière sèche présente un intérêt pour des espèces tolérant des conditions hydriques plus faibles comme la Locustelle tachetée et le Phragmite aquatique, pour lesquels la roselière inondée mâture n'est pas un habitat préférentiel. Afin de réguler la progression des ligneux ou des espèces envahissantes exogènes (Erable negundo, Baccharis…) et d'accueillir plus de migrateurs transsahariens, il est proposé de maintenir une lame d'eau constante dans ces roselières actuellement asséchées en été.


Pour en savoir plus:
Fontanilles P., Brongo M., De La Hera Fernandez I., Fourcade J.M., Keller A.,  Lapios J.M. & Sourdrille K. 2017. Les roselières inondées accueillent-elles plus de passereaux migrateurs que les roselières sèches ? Structure de l’habitat et avifaune sont comparées. Alauda, 85(3): 161-178. 

Pour obtenir l'article, demandez-le à Philippe Fontanilles (fontanilles.oiso@laposte.net).

Voir plus d'informations sur le sujet sur le site de l'OISO.

lundi 30 octobre 2017

Un Atlas de la migration en France !


La migration est un évènement central du cycle de vie d’une majorité d’espèces de l’avifaune des zones tempérées. En France, bien qu’il existe de nombreuses études du phénomène à un niveau spécifique, il n’existe pas encore de synthèse globale des connaissances. Sous l’initiative de la Mission Migration et en collaboration avec le CRBPO, la LPO  se lance dans la production du premier Atlas des Oiseaux Migrateurs de France (à paraître aux éditions du Muséum). Le projet couvre près de 320 espèces qui utilisent le territoire métropolitain au cours de leurs migrations ou de phénomènes invasifs. L’objectif de cet atlas est de compiler et mettre à jour les connaissances ornithologiques sur les axes migratoires, l’origine, la destination et la phénologie de passage de ces espèces. Dans ce but, l’atlas fera appel à trois grands types de données :

- les données des sites de suivi de la migration active (comme celles des cols pyrénéens ; base de données migraction.net) ;
- les données dites opportunistes, collectées par de nombreux observateurs professionnels ou amateurs et bancarisées au sein des bases de données régionales et de faune-France.
- les données de baguage et de reprises/contrôles (baguage métal, marquages colorés, radiotracking et gps).

Dans de nombreux cas, les informations obtenues grâce à l’effort de baguage consenti ces dernières décennies constitueront l’épine dorsale des analyses présentées dans l’ouvrage, et pour la première fois, une grande partie de ces données sera analysée de manière synthétique et unifiée. Afin d’assurer cette mission, la LPO et le CRBPO ont recruté un analyste statisticien, Louis Sallé, qui sera l’interlocuteur à contacter - ou qui vous contactera au nom du CRBPO - en cas de besoin. Un soin particulier sera accordé à la communication avec la communauté des bagueurs : l’opportunité sera donnée individuellement à chacun de se joindre au projet (consultation d’experts, rédaction de monographies, relecture), en tenant compte des programmes personnels, de l'éventuelle privatisation des données, et des taux de contribution de bagueurs aux jeux de données spécifiques. Des informations sur l’avancement de l’atlas seront disponibles sur différentes plateformes (dont ce blog) et une présentation du projet sera faite à l’assemblée générale des bagueurs qui se tiendra à Paris les 17 et 18 mars 2018.

Contact : louis.salle_at_mnhn.fr