mardi 20 décembre 2016

MOVEBANK: l'interface pour l'archivage (inter)national des données de télélocalisation

Divers dispositifs électroniques permettent de marquer les oiseaux de façon à identifier à distance leur localisation précise (la télélocalisation). Ce sont les radio-émetteurs VHF, GLS, GPS ou encore balises satellitaires. Tous les programmes de recherche ayant reçu l'autorisation de déployer ces dispositifs sur des oiseaux par le CRBPO ont l'obligation d'archiver ces données à l'échelle nationale, auprès du CRBPO. Toutefois, il existe une plateforme internationale, coordonnée par l'Institut Max Planck d'Ornithologie, qui a été développée pour fournir ce service d'archivage en ligne: MOVEBANK.
En 2016, le CRBPO et l'Institut Max Planck d'Ornithologie ont passé un accord, définissant que MOVEBANK devient le portail internet dédié en France pour la transmission des données de télélocalisation collectées dans le cadre de programmes personnels autorisés par le CRBPO.
Les intérêts pour les usagers de transmettre leurs données via MOVEBANK sont principalement:
(i) d’archiver leurs données de manière sécurisée, et accessibles en permanence, au travers d’une interface spécifiquement dédiée aux données de télélocalisation; seul l'usager décide de qui peut consulter ses données au travers de la gestion des droits d'accès;
(ii) de bénéficier des outils de visualisation et d’analyse de données développés par MOVEBANK, ainsi que d'un service de référencement de données pour les publications, 
(iii) de satisfaire à l'obligation règlementaire d’archivage national des données auprès du CRBPO; plusieurs fournisseurs de marques électroniques proposent déjà que les données soient automatiquement transmises à l'usager au travers de MOVEBANK. 
(iv) d'intégrer, renforcer et bénéficier de la principale communauté internationale qui travaille avec des données de télélocalisation pour répondre à des enjeux scientifiques et/ou de conservation des animaux et de la nature.

mercredi 7 décembre 2016

Polymorphisme des populations du Grimpereau des bois

2017 marquera la fin du programme national sur le polymorphisme des populations nicheuses du Grimpereau des bois en France, coordonné par Jérôme Fournier. 28 bagueurs répartis sur tout le territoire national ont participé depuis 2011 à ce projet. Les oiseaux ont fait l'objet de plusieurs mesures, aile, tarse, bec, ongle, queue, masse et de photographies de certains points clés de leur plumage. Des plumes ont été prélevées pour une étude génétique complémentaire menée par des collègues du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Cliché : J. Fournier (Auvergne)

Près de 300 individus ont été capturés lors de ce programme dans le Nord-Est, l'Ouest, le Jura, le Massif Central, les Alpes, les Pyrénées et la Corse. Des captures complémentaires seront réalisées l'année prochaine dans les forêts du Massif du Jura et dans les forêts de l'Orne et de l'Ille-et-Vilaine pour finaliser le programme.

Indice biométrique construit à partir du premier axe d'une analyse en composante principale basée sur la longueur de l'aile pliée, la longueur du bec, celle de l'ongle et la masse. AL : Alpes, CO : Corse, JU : Jura, MC : Massif Central, NE : Nord-Est, OU : Ouest, PY : Pyrénées

Même si les analyses génétiques et de plumage ne sont pas terminées, il est d'ores-et-déjà possible de faire une première analyse sur le polymorphisme des populations nicheuses du Grimpereau des bois à partir des mesures biométriques. Les oiseaux de Corse sont plus grands que les autres et les oiseaux de l'Ouest plus petits que les autres populations françaises. Les populations restantes (Nord-Est, Jura, Massif-Central et Pyrénées) sont intermédiaires et ne présentent pas de différences entre-elles. La population des Alpes est un peu à part puisqu'elle diffère de celles du Massif Central et du Nord-Est mais pas du Jura, ni des Pyrénées.