vendredi 13 octobre 2017

Des oiseaux, des bagueurs et des mouches-plates.

PUPIPO, le programme participatif de collecte des Ornithomyinés (diptères hématophages qui parasitent les oiseaux, sous famille des Hippoboscidés) poursuit ses investigations sous les plumes. à destination des bagueurs et des centres de sauvegarde de la faune sauvage, cette recherche des mouches-plates a, en 2016, permis de récolter 1 481 spécimens de dix espèces différentes.
Au total, 66 espèces d’oiseaux ont fourni au moins un parasite. Ce qui porte à 88 le nombre d’espèces hôtes depuis le lancement du programme en 2014.
Pour n’évoquer que les espèces rares, sachez qu’en 2016 :

  • -          Le pupipare nordique, Ornithomya chloropus a été collecté par trois fois : deux sur des pipits farlouse et un sur un pinson du nord.
  • -          Qu’un pupipare des grives, Ornithoica turdi a été prélevé sur un merle noir dans la Drôme. Ce qui constitue la seconde mention de ce diptère dans ce département, la première remontant à 1968.
  • -       Et que le pupipare austral, Ornithophila metallica, moins rare que l’espèce précédente, concède sept individus collectés, pour cinq sur des faucons crécerelles, dans les départements de l’Hérault et du Lot.
Le numéro deux de la lettre d’information du programme La Mouche-Plate , vous apportera un complément d’information sur cette troisième année de collecte. Bonne lecture.


Pour plus de détail et participer au programme PUPIPO, contacter : Gilles Le Guillou

jeudi 14 septembre 2017

BirdRing: une app pour saisir vos lectures de marques colorées sur le terrain

BirdRing est une application gratuite, qui fonctionne sur Android. Elle permet, directement sur le terrain, de saisir et transmettre  aux responsables de programme de marquage vos observations d'oiseaux porteurs de marques colorées.
L'application ne transmet les données qu'aux programmes possédant une interface de saisie en ligne des observations d'oiseaux marquées (actuellement: geese.org, cr-birding submit, wadertrack, griel). Pour les autres programmes, l'application génère automatiquement un fichier excel que vous pouvez faire suivre au coordinateur par e-mail. L'application est conforme aux recommandations d'EURING (et donc de CR-Birding). Bien sûr, elle transmet également la localisation exacte de l'observation, ainsi que des informations complémentaires standardisées (suivant les instructions d'EURING).
Elle peut être utilisée par les observateurs occasionnels, mais aussi comme outil de terrain par les programmes de marquage.


Pour plus d'information (en particulier, si vous souhaitez que l'application soit 'connectée' à votre programme), contactez le concepteur: Mario Huizinga

Les 'news' du baguage en Europe sur Twitter et Facebook

Si vous souhaitez suivre les nouvelles du suivi des oiseaux par baguage en Europe, n'hésitez pas à suivre les comptes Twitter et Facebook de l'Union Européenne des Centres de Baguage (EURING).
En absence de 'community manager', nous ne sommes pas encore en mesure de développer une initiative similaire pour la France.

jeudi 31 août 2017

Migration des huppes et torcols: que disent les données de baguage ?

Reichlin et al. (2009) présentent une mise à jour des connaissances sur les voies de migration de la Huppe fasciée (Upupa epops) et du Torcol fourmilier (Jynx torquilla) en Europe. Pour ça, ils ont exploité l'ensemble des données disponibles dans la base de données centralisée par EURING (EURING Data Bank, 1914-2005), la France ayant fourni la majorité des données de baguage pour la huppe, et une part importante des données de contrôle en migration pour le torcol. 
Les voies de migration occidentale et orientale sont bien distinctes chez la huppe, alors que la zone de recouvrement géographique (Europe centrale) est plus importante pour le torcol.

Plus d'information dans l'article:

Reichlin, T.S., Schaub, M., Menz, M.H.M., Mermod, M., Portner, P., Arlettaz, R., Jenni, L. (2009). Migration patterns of Hoopoe Upupa epops and Wryneck Jynx torquilla: an analysis of European ring recoveries. J. Ornithol., 150, 393-400.

mercredi 23 août 2017

Un atlas européen de la migration d'ici 3 ans !

Le projet d'Atlas européen de la migration porté par EURING vient d'être financé par la Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices, grâce au soutien du gouvernement italien ! Un million d'euros sont alloués à EURING sur 3 ans pour la réalisation de cet atlas.


Plus d'information dans le communiqué de presse.

vendredi 21 avril 2017

Lancement officiel du site CRBPO Data: l'interface d'exploration des données de baguage


L'équipe du CRBPO est heureuse de vous annoncer le lancement officiel du site de consultation publique de données CRBPO-Data 

Un site inédit pour explorer les migrations d’oiseaux



Depuis près d’un siècle (1923), le Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO) archive au sein du Muséum national d’Histoire naturelle toutes les données de baguage d’oiseaux concernant la France. Près de 5 millions de ces informations ont été numérisées et viennent d’être mises en ligne.
Afin de mettre ces informations à disposition du plus grand nombre, le CRBPO a développé avec le service informatique du Muséum un site internet qui permet un accès libre et gratuit aux données de suivi d’oiseaux par baguage. Le site permet ainsi de connaître l’état et le comportement des populations d'oiseaux : les masses et les tailles des individus bagués sont référencées mais aussi leurs migrations tant en France qu’à l’étranger, grâce à des cartes ou des tableaux. Ces informations permettent la réalisation de statistiques par espèces, par zone géographique et/ou par programme de recherches.


Cette carte de mouvements d’oiseaux est basée sur le baguage de 49375 chardonnerets, 9895 ré-observations ultérieures, collectées par 515 personnes. ©CRBPO data

Les informations sont actualisées tous les mois, ce qui implique un apport considérable de 500 000 nouvelles données par an. Ce site est exploitable à différentes échelles : communales, régionales, nationales et internationales et accessible à tous : chercheurs, citoyens, naturalistes avertis, experts environnementaux, curieux de nature… Il sera donc un outil d’information incontournable pour les organismes publics, les entreprises privées et les organisations non-gouvernementales en charge de la conservation et la gestion des populations d’oiseaux.
Le site est consultable à partir du lien suivant : https://crbpodata.mnhn.fr/

Et n'oubliez de consulter la section "Foire aux questions" en page d'acceuil du site pour une meilleure compréhension.


N’hésitez pas à diffuser largement dans vos réseaux !

Ce site ne pourrait exister sans le travail de milliers de bagueurs français (bénévoles comme professionnels), sans l'implication des ornithologues et sans la participation des particuliers qui communiquent plusieurs milliers d'observations ou de reprises d'oiseaux bagués chaque année.
Un immense merci à eux !


mardi 28 mars 2017

Projet DEMOSPACE: le bilan!

Le projet DEMOSPACE (Réponses DEMographiques des Oiseaux aux changements globaux dans l’eSPACE: des tendances nationales à la gestion locale; 2013-2016) a eu pour objectif de comprendre les différences de réponses des populations d'oiseaux aux fluctuations climatiques entre les échelles nationale, régionale et locale (le site). La région Nord-Pas de Calais, particulièrement fournie en stations STOC Capture, a servi de laboratoire à cette approche. Une premier objectif du projet a été de comparer les tendances d'abondance des oiseaux nicheurs pour la région Nord-Pas de Calais avec les tendances pour le reste de la France. Ces résultats paraitront prochainement dans un livre (Luczak 2017). Le deuxième objectif a été de caractériser l'influence du climat sur la survie annuelle des adultes des 23 espèces de passereaux les plus capturés en France à l'aide du protocole STOC Capture (correspondant à 244000 individus bagués, sur 261 sites, en 25 ans). Cet objectif a constitué le cœur de la thèse de doctorat de Manon Ghislain. Le résultat le plus marquant est que les variations de survie entre années sont extrêmement similaires entre espèces (cf. figure), révélant un rôle majeur des forçages climatiques dans la mortalité des passereaux communs, et ce, que les espèces habitent des milieux humides ou terrestres, et qu’elles passent l’hiver en France ou en Afrique. Enfin, le 3ème objectif a été de produire des indicateurs simples à comprendre, faciles à obtenir et à utiliser, non-falsifiables, qui informent les acteurs locaux en charge de la gestion de sites sur les particularités de fonctionnement des populations locales d’oiseaux (taille de population, survie, reproduction, croissance) en lien avec leurs mesures locales de préservation ou de restauration d’habitat. La production de ces indicateurs a été réalisée par Romain Lorrillière.  Ils sont présentés en détail sur la page du STOC Capture.
Le projet DEMOSPACE a été financé par l'appel à projets de recherche 'Biodiversité' de la Région Nord-Pas de Calais, accompagné par la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité. Il a été porté par Pierre-Yves Henry, en collaboration avec de nombreux partenaires régionaux (le Laboratoire d’Océanographie et de Géosciences, la délégation régionale CRBPO du Nord-Pas de Calais / CAP-ORNISBaguage, le Centre Permanent d’Initiatives pourl’Environnement ‘Chaîne des Terrils’, le Département du Nord,  Espaces DEpartementaux Naturels du Pas-de-Calais, les Parcs Naturel Régionaux des Caps et Marais d’Opale et de Scarpe-Escaut), et avec le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive.
Ce projet se poursuit dans le cadre du projet d'ANR DEMOCOM.

Références:
Luczak C. (2017). Évolution des populations d'oiseaux communs nicheurs dans le Nord -Pas-de-Calais (1995-2014). Collection Faune sauvage du Nord - Pas-de-Calais, GON éditeur, Lille, 192p.
Capture et baguage d’oiseaux par une équipe partenaire du projet DEMOSPACE pour documenter l’impact des fluctuations climatiques, et des actions de gestion de l’habitat, sur le fonctionnement des populations d’oiseaux.

mercredi 8 mars 2017

Intérêts des espaces intertidaux pour la Gorgebleue à miroir de Nantes (Cyanecula svecica namnetum) en période de mue post-nuptiale


Chez les oiseaux, le renouvellement du plumage (mue) est un phénomène pouvant entraîner une dépense métabolique conséquente. L’étude du déroulement de ce phénomène (périodes, durées, habitats et ressources trophiques exploités par les individus) peut être un élément clef pour la conservation de certaines espèces en mauvais état de conservation ou méritant une vigilance accrue. Un travail sur la Gorgebleue à miroir de Nantes (Cyanecula svecica namnetum, sous-espèce endémique des espaces du littoral Manche-Atlantique) vient de révéler les avantages particuliers dont peuvent bénéficier les individus en effectuant leur mue post-nuptiale sur les zones humides soumises au balancement des marées. Dans le cadre de ce programme, le suivi par radio-pistage de 16 individus sur deux ans a permis de montrer qu’en se maintenant sur les estrans pendant leur mue, les oiseaux peuvent limiter leurs déplacements et exploiter de petites surfaces : 0,42 à 1,34 hectares, typiques d’espaces où les ressources trophiques sont abondantes et prédictibles. L’analyse des restes chitineux, contenus dans les fientes des oiseaux prélevées lors des captures, a révélé que les individus en mue tendent à consommer un grand nombre d’amphipodes : petits crustacés marins, en particulier utilisés en pisciculture pour favoriser la croissance rapide de certaines espèces de poissons. Enfin, le suivi de la masse des individus du début à la fin de la période de renouvellement du plumage a montré qu’en muant sur les zones humides intertidales, les oiseaux parviennent à conserver en fin de période de mue une masse équivalente à celle mesurée avant le début du phénomène, comme chez des individus de la sous-espèce svecica dont la mue à été étudiée en captivité, avec des ressources alimentaires illimitées. Cette étude conforte différents travaux relatifs à l’importance des estrans pour la communauté des passereaux paludicoles, en particulier soulignée pour des espèces telles que le Phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola) qui exploite en grand nombre les espaces littoraux au cours de sa migration post-nuptiale. Ces différents travaux mettent en lumière la vigilance qu’il convient d’adopter pour la conservation des fonctionnalités écologiques des zones humides intertidales, en particulier dans le contexte d’élévation du niveau marin et des perturbations des régimes hydro-sédimentaires actuellement constatées sur de nombreux espaces littoraux.

Illustration : Gorgebleue à miroir de Nantes (Cyanecula svecica namnetum). Mâle adulte en plumage nuptiale (gauche) et aile d’un individu en mue active des rémiges lors de la période post-nuptiale (droite).
© BioSphère Environnement.


Pour en savoir plus :



Lien de consultation et de téléchargement de l’article :
http://espacesite.pagesperso-orange.fr/raphael-musseau/musseau_et_al_ardeola_2017.pdf

mardi 24 janvier 2017

Les moineaux grandissent moins bien en ville qu'à la campagne

Moineau domestique mâle (photo: Benjamin Vollot)
Dans plusieurs grandes villes européennes, les moineaux disparaissent. Mais quelles sont les causes de ces déclins urbains ? En septembre, nous vous annoncions qu'un projet de recherche de trois ans va démarrer sur cette question. Mais une première réponse se dessine déjà... En 2014, 25 bagueurs ont mesuré 599 moineaux domestiques dans 30 populations implantées dans des sites plus ou moins urbanisés (allant de fermes isolées au Jardin des Plantes au centre de Paris). Et le résultat est facile à comprendre: les moineaux sont plus petits en ville qu'à la campagne, et les plumes de jeunes urbains sont de moins bonne qualité que celles des jeunes ruraux. Les moineaux de ville sont donc handicapés pendant leur croissance. Cela apporte du crédit à l'hypothèse selon laquelle le milieu urbain est caractérisé par un déficit d'insectes, source primordiale de protéines pour le développement des jeunes passereaux. Décidément, cette nouvelle étude renforce le constat que les moineaux ont vraiment du mal à s'alimenter correctement en ville (voir aussi l'article précédent sur le sujet) !
Ces résultats viennent d'être publiés dans le cadre d'une collaboration entre le Centre d'Etudes Biologiques de Chizé (CEBC), et le CRBPO grâce aux bagueurs s'impliquant dans le veille sur les populations de Moineau domestique (SPOL Moineau).

Pour en savoir plus:
Relation entre la densité des plumes (rectrices) de moineaux domestiques et le degré d'urbanisation (rural à gauche, très urbanisé à droite) de l'endroit où ils vivent (reproduit de Meillère et al. 2017).

lundi 9 janvier 2017

Echanges asymétriques entre populations françaises de cigognes blanches

L'analyse des déplacements de cigognes blanches entre les régions de reproduction françaises montre que les populations nordiques fournissent plus d'individus aux populations du sud qu'elles n'en reçoivent (Figure). Les cigognes quittant l'Alsace s'établissent principalement dans la population du centre de la France, alors que les cigognes émigrantes normandes s'installent surtout sur la façade atlantique. Cette asymétrie des échanges d'individus entre populations semble s'être renforcé à partir de la moitié des années 2000. Pour la population alsacienne, ce n'est pas étonnant, la plus grande population nationale générant naturellement un nombre important de candidats à la dispersion. Par contre, pour la Normandie, c'est plus étonnant, les émigrants quittant une petite population pour aller s'établir dans une plus grande population.
Ces connaissances sur le fonctionnement de la métapopulation française de cigognes blanches sont issues du baguage de 10479 cigogneaux, entre 1988 et 2008 (21 ans), par les réseaux de bagueurs et d'ornithologues suivant les populations françaises de cigognes. Ces oiseaux bagués ont généré 1720 données de déplacements (à plus de 5 km), dont 239 entre populations. Sur la période d'étude, le suivi par baguage a été coordonné par le CRBPO. Il se poursuit depuis dans le cadre d'un programme personnel d'envergure nationale, coordonné par Gérard Wey (2009-2015) puis par Hubert Dugué, dans le cadre du Groupe Cigognes France.
Cette première analyse nationale des mouvements de cigognes blanches a été possible grâce à la collaboration entre le Groupe Cigognes France, le CRBPO, le Département Ecologie, Physiologie, Ethologie de l'Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (Strasbourg), et le Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive, dans le cadre des recherches doctorales de Emilio R. Rojas (financé par un contrat doctoral de l'Université de Strabourg).

Référence:

Rojas, E.R., Sueur, C., Henry, P.-Y., Doligez, B., Wey, G., Dehorter, O., Massemin, S. et Groupe Cigognes France (2016). Network analysis shows asymmetrical flows within a bird metapopulation. PLoS One, 11, e0166701

Figure. Changements entre 1988 et 2005 des échanges d'individus au sein de la métapopulation française de Cigognes blanches. Chaque nœud représente une population géographique de reproduction, et l'épaisseur des traits entre nœuds est proportionnelle au nombre d'individus ayant effectué le déplacement correspondant. Les flèches indiquent le sens des déplacements. Reproduit de Rojas et al. (2016).