lundi 21 novembre 2016

Nouveaux cours pour la qualification


Lors des semaines de qualification des bagueurs (Fort-Vert, Moëze, Vigueirat), plusieurs cours ont été proposés par les examinateurs du CRBPO. Tous les anciens cours ont été entièrement revus, augmentés et illustrés à l'exception des cours additionnels disponibles sur le site du CRBPO "Script Bordereau", "Formule alaire" et "Noeuds" qui seront réactualisés l'année prochaine.

Plusieurs nouveaux cours, largement illustrés de schémas et de photographies, ont été proposés cette année aux qualifiants. Ils seront mis à jour annuellement et ne seront pas disponibles au téléchargement, sauf exception, pour cette raison.


Cours "Examen pratique et théorique de la qualification mention Bagueur généraliste". Il présente les objectifs de la semaine, son organisation et les modalités des évaluations. 16 diapositives.



Nouveau ! Cours "Le CRBPO". Il présente le MNHN, le CRBPO, l'histoire du baguage, le réseau des bagueurs, le PNRO, l'éthique dans le baguage. 23 diapositives.


Cours "Le matériel du bagueur".  Il présente tout le matériel nécessaire pour préparer un site de capture, pour la capture en elle-même, pour la table de baguage, pour baguer et/ou instrumenter un oiseau, pour observer et prélever. 24 diapositives.
Cours "Les techniques de captures". Il présente de manière assez exhaustive toutes les méthodes possibles permettant la capture des oiseaux. 54 diapositives.





Cours "Les bagues et les marques". Il présente toutes les possibilités offertes aux bagueurs pour baguer et marquer un oiseau, y compris les marques électroniques. Les limites éthiques sont également discutées en fin de document. 14 diapositives.



 


Nouveau ! Cours "La biométrie". Il présente les différentes méthodes et techniques utilisées pour mesurer un oiseau de manière précise et répétable. 19 diapositives.







Cours "Les principales stratégies de mue chez les passereaux". Il présente de manière concise les stratégies de mue, la phénologie de la mue et la manière de noter l'âge sur un bordereau. 19 diapositives.




Nouveau ! Cours "Introduction à la zoologie des oiseaux". Il donne des éléments de base sur l'évolution des oiseaux, sur la classification phylogénétique, sur la morphologie, les plumes, le bec, la biologie générale, le squelette, les systèmes respiratoire et circulatoire. 37 diapositives.








mercredi 16 novembre 2016

Captures d'Océanites de Wilson en Terre Adélie

Associés avec une équipe du CNRS de Strasbourg et du Centre Scientifique de Monaco et en collaboration avec le CNRS de Chizé et la Justus-Liebig-Universität de Giessen,  Jérôme Fournier et Frédéric Jiguet initient un projet de recherche sur les déplacements de l'Océanite de Wilson en période de reproduction et d'hivernage à partir d'individus qui seront capturés sur la base Dumont-d'Urville en Terre Adélie.

Cliché : Fabien Petit

L'objectif de cette première campagne de terrain est de tester la capturabilité de cette espèce au sein des petites colonies situées sur l'île des Pétrels. 30 oiseaux reproducteurs seront bagués puis recapturés après 15 jours et 1 mois. Si le taux de recapture est satisfaisant, les oiseaux seront équipés dès l'année prochaine de GPS ou de GLS ce qui permettra de suivre et de comprendre leur déplacement à différentes échelles d'espace et de temps. Jérôme Fournier effectuera un séjour de près de 3 mois (début décembre-fin février) sur la base Dumont-d'Urville gérée par l'Institut Polaire Français.

Site de reproduction de l'Océanite de Wilson sur l'île des Pétrels
Cliché : Jérôme Fournier

Cette espèce est présente sur l'île des Pétrels de novembre à février. Les premières arrivées sont notées début novembre. Le pic d'abondance est atteint début décembre. Le premier accouplement est généralement observé mi-décembre et la première ponte observée fin décembre. La première ponte a lieu généralement fin décembre et la première éclosion fin janvier. Les derniers individus quittent le site tout début mars.

mercredi 2 novembre 2016

Connectivité migratoire à large échelle chez la Rousserolle effarvatte

Photo : R.Provost 13/08/2013 la Possonnière (49)
Un article collaboratif venant de paraître qui utilise les données de baguage et de contrôles/reprises de Rousserolle effarvatte  (Acrocephalus scirpaceus) reproductrices accumulées par les centrales de baguages membre d'EURING (France comprise) pour la période 1933-2014. Sont inclus dans cette analyse des données de géolocalisateurs (GLS) posés sur des nicheurs allemands et tchèques. Le modèle statistique tient également  compte de la taille de la population d'effarvatte de chaque pays ainsi que des densités de population humaine. L'étude met en évidence une forte utilisation de la voie de migration occidentale par les populations d'Europe de l'Ouest mais un nombre absolu plus important de rousserolles empruntant la voie orientale ainsi qu'une migration en boucle (zones de haltes différentes entre la migration post et pré nuptiale) chez de nombreuses populations.

Procházka, P., Hahn, S., Rolland, S., van der Jeugd, H., Csörgő, T., Jiguet, F., Mokwa, T., Liechti, F., Vangeluwe, D. & Korner-Nievergelt, F.: Delineating large-scale migratory connectivity of reed warblers using integrated multistate models. Diversity and Distributions, doi:10.1111/ddi.12502.

Article original en PDF disponible ici :

mercredi 21 septembre 2016

Quels ont été les hivers à mésange noire ?

Mésange noire (Periparus ater) © Jessica Joachim

Lisa Garnier - qui anime l'excellent blog de Vigie-Nature - a mené une enquête sur quand et pourquoi les mésanges noires apparaissent en masse aux mangeoires.
Vous pouvez lire ses découvertes sur le blog: La mésange qui jongle entre mangeoires et conifères.
Vous y constaterez que le SPOL Mangeoire a été mis à contribution pour identifier les hivers où les mésanges noires ont été capturées en masse (seuls les sites pour lesquels les variables d'effort de capture avaient été renseignées ont pu être inclus).

La base de données EURING: quoi ? pour quoi faire ?

EURING (European Union for Bird Ringing) coordonne et gère la base de données EURING Data Bank, qui centralise les données de reprises et de contrôles à distance documentant les mouvements d'oiseaux et leur démographie à l'échelle continentale. L'équipe du bureau d'EURING vient de publier un article décrivant le contenu et illustrant les potentialités de cette base de données. 

Plus de détails dans l'article:

du Feu, C.R., Clark, J.A., Schaub, M., Fiedler, W. & Baillie, S.R. (2016). The EURING databank – a critical tool for continental scale studies of marked birds. Ringing & Migration, 31, 1–18

mercredi 14 septembre 2016

Du SPOL Moineau au stress de la vie urbaine: le projet URBASTRESS financé par l'ANR !

Maintenant, plus d'humains vivent en ville qu'à la campagne. L'environnement urbain, créé par l'Homme, n'est pas toujours propice à une vie saine et sereine. Le moineau domestique coévolue avec nous, et l'environnement que nous façonnons, depuis des milliers d'années. Au moins en Europe, c'est une des espèces animales qui nous est le plus étroitement associée. Mais signal alarmant: dans plusieurs mégalopoles du nord de l'Europe, le moineau domestique décline, au point d'être classé dans la liste rouge des espèces en danger d'extinction en Angleterre. Si cette espèce qui a passé des milliers d'années à nos côtés ne parvient plus à vivre dans notre environnement urbain, c'est que nous avons dû générer des villes où la vie est plus stressante qu'à la campagne.
Le projet URBASTRESS (Influence of urbanization on vertebrate populations: an ecophysiological approach), financé par l'Agence Nationale de la Recherche, va explorer trois sources stress environnementaux qui pourraient être la cause de ces moindres performances physiologiques et démographiques des moineaux urbains: le déficit alimentaire (en particulier protéique pendant la croissance des jeunes), l'exposition aux parasites et l'exposition au bruit.
Ce projet a été initié et est porté par Frédéric Angelier (Centre d'Etudes Biologiques de Chizé - CEBC, Deux-Sèvres), spécialiste de la physiologie du stress et de ses conséquences sur les performances des oiseaux, depuis leur métabolisme jusqu'à leur reproduction. Ce projet bénéficiera des compétences de François Brischoux (CEBC, physiologie du stress), Bruno Michaud (CEBC, suivi de populations expérimentales), Charline Parenteau et Colette Trouvé (CEBC, analyses biologiques), Clotilde Biard (IEES, parasitologie évolutive), Frédéric Jiguet (Vigie-Nature/CESCO, tendances des populations en France, au travers du STOC Points d'écoute), de Pierre-Yves Henry (CRBPO/MECADEV-CESCO, démographie des populations et stress trophique) et du réseau des bagueurs CRBPO réalisant la veille sur le fonctionnement démographique (productivité, survie) des populations de moineau domestique en France depuis plus de 10 ans (au travers du Suivi de Populations d'Oiseaux Locaux ciblé sur le moineau domestique).

Après la glorieuse ère du SPOL Moineau des années 2000, portant sur la parasitologie évolutive de la malaria aviaire, le SPOL Moineau va maintenant contribuer à un grand défi scientifique et sociétal: comprendre ce qui limite la vie des animaux en ville (à démarrer en janvier 2017) !

Du STOC Capture à la démographie des communautés: le projet DEMOCOM financé par l'ANR !

Quand on étudie la dynamique de la biodiversité, on en reste souvent à des changements d'assemblages d'espèces dans un réseau de site, éventuellement pondérées par les abondances de chaque espèce. Mais le fait qu'un communauté s'appauvrisse, ou s'enrichisse, ou se généralise, c'est à la base des individus qui meurent ou qui vont ailleurs, et/ou d'autres qui viennent s'installer pour la première fois sur site. Le projet DEMOCOM (Climate and management effects on community dynamics - developing multispecies demography) relève le défi de comprendre les processus démographiques responsables des dynamiques d'assemblage d'espèces en réponse à l'exploitation par l'Homme des systèmes ou en réponse aux fluctuations climatiques.
Ce projet a été initié et est porté par Olivier Gimenez et son équipe (Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier), spécialistes du développement de nouvelles méthodes de modélisation des processus démographiques et écologiques, et rassemble un consortium national de chercheurs et ingénieurs (CESCO, CEBC, ISEM, ONCFS, MECADEV). Il vient d'être retenu pour financement par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) - ce qui est un fait exceptionnel, l'ANR ne finançant que 5 à 10% des projets soumis. Le CRBPO est impliqué dans ce projet au travers des deux programmes de Suivi Temporel des Oiseaux Communs: le STOC Points d'écoute pour documenter les variations d'abondance des espèces, et le STOC Capture pour documenter la démographie sous-jacente (survie et recrutement local). Ces deux sources d'information seront modélisées conjointement pour en inférer les mécanismes démographiques responsables des effets des changements climatiques sur les tendances de communautés. D'autres partenaires contribueront avec des jeux de données documentant la démographie de communautés de thons, d'oiseaux marins sub-antarctiques et d'ongulés. Pierre-Yves Henry (CRBPO - MECADEV/CESCO) sera en charge de la coordination du 2ème volet de ce projet, la phase d'application de la méthode DEMOCOM aux cas d'école.

Une nouvelle ère de valorisation de nos données du STOC Capture s'ouvre donc pour les 4 ans à venir (à démarrer en janvier 2017) !

mardi 30 août 2016

Retour à l'envoyeur






Un film de 1987 réalisé au CRBPO avec Guy Jarry, Alexandre Czajkowski et ?
Retrouvé sur une VHS dans les locaux du CRBPO





mercredi 24 août 2016

Quand les cigognes blanches franchissent-elles le détroit de Gibraltar ?

Martin et al (2016) ont étudié la date de présence dans la région du détroit de Gibraltar par les cigognes blanches en migration postnuptiale à partir de la base de données d'EURING (qui contient les données des cigognes françaises, transmises annuellement par le CRBPO). Ils posent en particulier la question de la variabilité de la phénologie de migration au cours des 40 dernières années, en fonction des conditions météorologiques de printemps et d'été, et entre populations (essentiellement Espagne, France et Allemagne).
Un des résultats principaux est que globalement, les jeunes (1ère année) migrent de plus en plus tôt: ils atteignaient la région de Gibraltar vers le 19 septembre dans les années 60, et vers le 27 août dans les années 2000 (soit au moins 20 jours plus tôt). Pour les adultes, l'avancement est du même ordre de grandeur, mais avec de fortes variations au cours de la période d'étude (néanmoins, notons que cette catégorie confond adultes et immatures, les immatures ayant une stratégie migratoire très variable).

Pour ce qui concerne les cigognes françaises, la date de franchissement de Gibraltar aurait avancé uniquement chez les juvéniles, et surtout pour le sud de la France, passant de la 1ère quinzaine de septembre à la 2ème quinzaine d'août (cf. figure 2 de l'article).
Un 'fruit' de 40 ans de marquage des cigognes blanches par les bagueurs français !

Référence: Martin, B., Onrubia, A. & Ferrer, M. (2016). Migration timing responses to climate change differ between adult and juvenile white storks across Western Europe. Climate Research, 69, 9–23.

Origines des cigognes blanches (a - juvéniles, b - immatures et adultes) reprises dans la région du détroit de Gibraltar, et utilisées dans cette étude (figure extraite de Martin et al. 2016)


vendredi 22 juillet 2016

Un grand homme de la Conservation... et du baguage nous a quitté: Luc Hoffmann

Nous postons ici l'hommage à Luc Hoffman transmis par la direction de la Tour du Valat



Luc Hoffmann, une vie dédiée à la nature


Luc Hoffmann, initiateur du baguage des Flamants roses (MAVA©)
C’est avec beaucoup de tristesse que nous vous informons que Luc Hoffmann, fondateur de la Tour du Valat, figure emblématique de la connaissance et de la protection de la nature, s’est éteint paisiblement en Camargue le 21 juillet 2016 à l’âge de 93 ans.
Si la Tour du Valat, Station biologique fondée voilà plus de 60 ans, aujourd’hui devenue un institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes, est généralement considérée comme son œuvre maîtresse, on ne compte plus les réalisations de Luc Hoffmann en faveur de la nature : la création du Fonds Mondial pour la Nature (WWF), dont il est un des co-fondateurs ; sa contribution à l’élaboration de la convention de Ramsar, premier traité international portant sur l’environnement et le seul à ce jour consacré à un écosystème particulier : les zones humides ; la création et la gestion à long terme de nombreux espaces protégés de première importance en Europe (Doñana, Hortobágy, Prespa…) et en Afrique (Banc d’Arguin) ; la création de la Fondation MAVA, acteur majeur de la philanthropie environnementale...
Son engagement exceptionnel a été honoré par un grand nombre de distinctions prestigieuses. Voilà encore à peine quelques semaines, la Fondation Prince Albert II de Monaco lui décernait le prix "Biodiversité", pour l'ensemble de ses initiatives en faveur de la protection de la biodiversité.
Luc Hoffmann était un personnage hors du commun, visionnaire, d’une immense générosité et extrêmement attachant. Discret, il écoutait beaucoup et s'exprimait relativement peu hors des occasions que lui donnaient les grandes causes qu’il défendait.
Il a de tous temps été mu par l'avidité de connaître et de comprendre le fonctionnement de la nature, par l'impérieuse nécessité de transmettre ces savoirs pour qu'ils soient partagés et qu'ils irriguent une conservation effective. Guidé par une vision humaniste de la conservation de la nature, qui ne se fasse pas contre les hommes, mais avec eux, son engagement n’avait d’égal que sa modestie.
Mais son héritage le plus important est probablement cette communauté d’hommes et de femmes qui ont mis leurs pas dans les siens, qui partagent la même vision, les mêmes valeurs et qui tissent, en Camargue, dans le bassin méditerranéen et bien au-delà, les liens d’une réconciliation de l’homme avec la nature.

Pour en savoir plus sur l'oeuvre de Luc Hoffmain: